3 août 2010

Le CETI se monte !

cetis2.jpgCe matin, aux côtés de la présidente de la Communauté urbaine de Lille, du préfet de région et de mes collègues maires de Roubaix et Tourcoing, 1ère visite de chantier du CETI, le centre européen des textiles innovants qui se construit actuellement dans la zone de l’Union.
 
Le chantier est impressionnant par son ampleur : deux bâtiments immenses sont sortis de terre et se dressent fièrement, le long du canal, entre la tour Mercure et la tour Terken. Les travaux vont bon train et ne souffrent d’aucun retard, nous affirme Jean Badaroux, directeur de la SEM Ville Renouvelée qui construit ce CETI et qui nous guide dans ses espaces en construction, Martine Aubry, René Vandierendonck, Michel-François Delannoy et moi-même, accompagnés par de nombreux élus (dont Pierre de Saintignon et Patrick Kanner, vice-présidents du Conseil général), ainsi que de mon premier adjoint Christophe D’Hulst.
 
Le CETI est un pont entre notre passé et le futur. Parce que si l’industrie textile traditionnelle, si profondément ancrée dans notre agglomération, durant tant de temps et de générations, a fini de s’effondrer au début de la décennie, il reste une volonté et un savoir-faire qui, eux, n’ont pas disparu. Ces deux qualités vont pouvoir s’exprimer grâce aux textiles innovants, c’est-à-dire les textiles de demain qui nécessitent recherche et développement.
 
La façon de travailler au CETI, ensemble de bureaux et de laboratoires de différentes tailles, sera à la fois axée sur le travail du textile, avec des machines modernes ayant vocation à pouvoir être placées de différentes manières en fonction de la demande, et la conception innovante, c’est-à-dire le prototypage, la production de petites séries, ce qui sera unique au monde.
 
L’idée est de raccourcir les processus d’innovation qui, aujourd’hui, sont disséminés et répartis aux quatre coins de la planète. D’ailleurs, le montage financier éclaire bien cette priorité : la moitié du financement est dédiée à la construction des bâtiments ; l’autre moitié aux équipements pour travailler les filages tricomposants – rares à l’heure actuelle – et des textiles non tissés inhabituels.
 
C’est à un cabinet d’architecture roubaisien qu’a été confiée la conception du CETI, dont l’aventure a débuté en… 2002 ! Si le projet a mis du temps à trouver sa concrétisation, c’est qu’il fallait établir les partenariats et prévoir les subventions nécessaires pour cet investissement dont le montant est estimé entre 40 et 50 millions d’euros : 5 millions d’euros pour l’Etat, 2,6 pour LMCU (auxquels il convient d’ajouter 1,4 million pour LMCU en tant qu’actionnaire de la SEM), 1,5 million pour le Département ; la Région participera quant à elle au financement des machines.
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Luc Saison, l’architecte désigné (à gauche sur la photo), nous explique que le CETI est le porte-étendard de cette zone de l’Union qui unit les trois villes de Wattrelos, Roubaix et Tourcoing. Le premier bâtiment comportera un grand parvis pour pouvoir accueillir des manifestations et, à l’étage, des bureaux et des laboratoires. Le second bâtiment sera le moteur du CETI : c’est là que se trouveront les grands labos adaptés aux recherches. L’alimentation en énergie de ces deux bâtiments se fera par le dessus et par le dessous (sous-sol avec galeries techniques).
 
Quant à l’allégorie architecturale choisie – pour reprendre le langage poétique de Luc Saison – c’est le métier à tisser qui a été choisi, avec un effet de faille horizontale dans les bâtiments de laquelle émergeront une forêt de poteaux rappelant les fils du métier à tisser (en même temps, cette architecture offrira une vue transversale sur les jardins intérieurs).
 
Voilà donc le CETI qui prend forme ; la fin de chantier est prévue l’année prochaine. C’est en tout cas un beau symbole et un beau signal de reconquête urbaine et industrielle dans une agglomération qui a terriblement souffert, et qui veut se tourner résolument avec espoir vers son avenir.

Le président de l’Europe à LMCU !

Herman-Van-Rompuy.jpegCet après-midi, à la communauté urbaine de Lille,   se tient l’assemblée générale de l’Eurométropole   Lille-Kortrijk-Tournai, qui va consacrer le passage  de présidence de Stefaan DE CLERCK, ministre  fédéral belge de la justice (ancien bourgmestre de  Courtrai) à Martine AUBRY, présidente de LMCU,  jusqu’alors vice-présidente de l’Eurométropole.   Cette assemblée est honorée de la présence   d’Herman VAN ROMPUY, tout nouveau président  du conseil européen.
 
Aux côtés de Martine AUBRY a aussi pris place   Rudy DEMOTTE, ministre-président de la région wallonne. C’est dire si la séance est exceptionnelle.
 
Nouvelle présidente, Martine AUBRY accueille ses hôtes en rappelant l’Europe des fondateurs et en soulignant le travail immense qui attend Herman VAN ROMPUY car nous avons besoin d’une Europe puissante et intégrée.
 
L’Europe des Régions est déjà une réalité. 230 régions sont représentées à Bruxelles mais l’Europe des métropoles est encore à son balbutiement.
 
Ici, dans la métropole, nous étions prédestinés à nous réunir. Notre frontière naturelle n’existe quasiment pas. A Lille, nous avons été flamands, bourguignons, français et espagnols avant d’être définitivement français. Il a cependant fallu la force de conviction de Pierre MAUROY pour dépasser bien des frontières. Après la COPIT en 2000, le GECT en 2006, le 28 janvier 2008, l’Eurométropole est née. Depuis elle travaille dans trois directions :
  •  D’abord, l’Europe de la culture. La Flandre, la Wallonie, la Communauté urbaine se sont investies ensemble dans la culture (Lille 2004, Europe XXL…).
 
  • Le développement économique : nous construisons ensemble des opportunités d’avenir (tels que les textiles techniques innovants, le Pôle Image avec Tournai et Courtrai ; le pôle nutrition-santé où l’on travaille avec la Wallonie).
 
  • La vie quotidienne de nos concitoyens : amélioration des relations SNCF et SNCB ; tourisme (vers un office de tourisme eurométropolitain virtuel ?) ; schéma d’aménagement pour une métropole « mixte, durable et attractive ».
 
Puis vinrent les prises de parole de : Stefaan DE CLERCK, président sortant, qui fit observer malicieusement à Martine (« Tu deviens présidente tous les deux ans : 2008, 2010… »), avant de souligner que « l’Eurométropole est arrivée à l’âge de la maturité » et qu’elle permet de « montrer que l’Europe est concrète » ; Rudy DEMOTTE, qui conclut sur une citation d’Umberto ECO : « La langue de l’Europe, c’est la traduction »… en assemblée générale où le bilinguisme fut la règle, il s’attira un franc succès !
 
En réponse, Herman VON ROMPUY a voulu insister sur la "créativité" de l'Eurométropole. A ses yeux, c'est un laboratoire. Au-delà de l'identité de chaque pays, le dépassement des frontières peut aussi être un renforcement au niveau individuel. Bien collaborer, supprimer des obstacles est un défi.
 
C'est grâce à la volonté que s'est construite l'Europe. L'Eurométropole suit la même approche pragmatique (économie, mobilité, santé,...).
 
Avancer, c'est important. La construction européenne est aussi complexe que la construction belge.
 
Les objectifs sont éternels. Une bonne collaboration n'est jamais terminée. Ce qui est important, ce ne sont pas les étapes, mais la direction.
 
L'Europe pour être forte a besoin des régions. Elle a besoin d'une stratégie coordonnée. Nous devons nous battre pour conserver nos atouts, notre modèle rhénan. L'Europe ne pourra atteindre un meilleur taux d'emploi qu'avec le concours de régions innovantes et compétitives.

Un chauffeur chauffé !

Jean-Claude-se-marie_2.jpgQuand Jean-Claude, mon chauffeur, se marie, forcément… ça chauffe !
 
Ça chauffe parce que marier un ami donne toujours l’occasion d’ajouter à la cérémonie officielle de l’humour à l’amour, et croyez bien que je ne m’en suis pas privé, entouré de nombreux élus venus témoigner leur affection à Jean-Claude et son épouse Francine.
 
Jean-Claude et moi sommes très complices dans la vie de tous les jours et, comme nous passons pas mal de temps ensemble, j’en sais beaucoup sur lui : je n’ai donc pas eu à demander à ses proches de me confier quelques tuyaux pour l’épingler très amicalement !
 
Avant de recueillir les consentements mutuels (qui auront été très particuliers !), j’ai donc demandé à Francine, notamment, si elle s’engageait à supporter que Jean-Claude continue d’encombrer la maison avec ses pièces de mécanique, à passer de longues heures dans le garage à démonter et remonter des voitures… Son métier, c’est aussi sa passion !
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Lorsque nous nous sommes rencontrés, il était syndicaliste chez Terken, entreprise en proie à de lourdes difficultés. Ce jour-là, j’en ai pris pour mon grade ! A l’époque, les hommes politiques, il n’y croyait pas trop, et comme beaucoup (trop malheureusement !) de concitoyens, il les mettait tous dans le même sac. Il faut croire que j’ai su lui prouver le contraire car, si l’entreprise n’a pu être sauvée, je me suis battu de toutes mes forces aux côtés des salariés, gagnant leur respect et leur fraternité. Pour eux, j’ai même été attaqué en justice, et pour eux… j’ai fait condamner celui qui m’accusait à tort, à savoir leur patron ! Ce fut une belle bataille. Je m’en honore encore aujourd’hui.
 
Jean-Claude est donc l’un de ces frères d’arme qui a beaucoup bossé dans sa vie. L’occasion s’est présentée - je le savais homme d’engagements, disponible, travailleur, sincère - il l’a saisie et a accepté de poursuivre son parcours professionnel à mes côtés il y a maintenant deux ans : fidèle et débrouillard, il n’a pas son pareil pour remettre de l’eau (enfin, officiellement !) dans le radiateur de la voiture en surchauffe !
 
J’ai donc eu le plaisir et l’émotion sincère cet après-midi de l’unir à Francine dont il partage la vie depuis 21 ans, lui présentant le livret de famille (pour qu’il en fasse le meilleur usage possible !) sur un plateau… Terken, évidemment.
 
Soyez heureux, chère Francine, cher Jean-Claude…

E viva España !

Contador.jpgComment ne pas laisser échapper, joyeusement, ce soir cette phrase ? Moi dont le grand-père (et la famille maternelle donc) a ses origines en Ariège, à quelques kilomètres de la frontière, je partage la joie du peuple espagnol.
 
Pour trois raisons. D’abord parce que ça fait plaisir de voir tout un peuple en liesse après que l’un des siens ait triomphé en maillot jaune sur les Champs-Elysées, alors qu’il y a quelques semaines à peine, l’Espagne faisait l’objet de violentes et rudes attaques sur les marchés financiers.
 
Ensuite parce que, socialiste, je devine la satisfaction du Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, à un moment où, dans les rudes attaques qu’il a connues, cette belle victoire apporte un souffle salvateur et de la lumière appréciée.
 
Enfin et surtout parce que l’Espagne, en matière sportive, affiche sa force et a le vent en poupe !
 
Le sport espagnol est, décidément, à l’honneur en cette année 2010 : victoires de Nadal à Roland-Garros et Wimbledon ; victoire de l’équipe nationale de foot à la coupe du monde ; et, ce dimanche, victoires du pilote de F1 Fernando Alonso au Grand Prix d’Allemagne et du cycliste Alberto Contador au Tour de France… E viva España !
 
La victoire de Contador retient de surcroît l’attention du député roubaisien que je suis, au-delà du fait qu’elle soit on ne peut plus récente ! D’abord parce que, je l’avoue, j’ai une préférence pour le sport cycliste, et comment ne pas l’être quand on est, par plaisir personnel autant que par bonne pratique protocolaire, un fidèle de l’arrivée de Paris-Roubaix au vélodrome, et de surcroît membre de l’amicale cycliste parlementaire (où je retrouve régulièrement avec plaisir Bernard Hinault et Christian Prudhomme, patron du Tour de France). Ensuite, parce que  le Tour de France fut particulièrement agréable cette année, dans un climat apaisé, noble dirais-je même, ce qui contraste avec des turpitudes encore trop récentes : ce Tour fut celui du sport, avec du suspense et un beau duel entre Contador et le Luxembourgeois Andy Schleck.
 
Finalement, le plus fort aura triomphé (même sans le gain d’une étape, mais c’est bien le classement général qui compte au final). C’est un beau champion, à la fois excellent grimpeur et très bon rouleur, qui s’est vaillamment battu et s’adjuge ainsi son troisième Tour de France.
 
Rien à redire. Nickel, disent les jeunes. Bravo dirais-je, tout simplement ! C’est une belle victoire. Propre et nette…

Eté studieux à l’Assemblée

photo-bibliotheque-AN-avec-Dominique.jpgEn ce lundi de fin juillet, et alors que les travaux à l’Assemblée sont suspendus pour cause de pause estivale, je suis tout de même de passage à mon bureau.
 
Il s’agit pour moi de profiter de cette période pour faire le point sur plusieurs dossiers : dette de l’Etat (mon rapport spécial que je prépare chaque automne lors du débat budgétaire), préparation du débat sur les retraites qui reprendra lors de la session extraordinaire de septembre, et aussi Journées parlementaires de mon groupe parlementaire (qui, chaque année en septembre, sont l’occasion avec mes collègues socialistes, députés, sénateurs et députés européens, de travailler ensemble sur des sujets majeurs comme les finances publiques, la sécurité sociale, etc., et élaborer ensemble des propositions à faire aux Français).
 
Cette période, ici à l'Assemblée, a quelque chose de tout à fait particulier : c’est celle où sont organisés les grands travaux d’entretien et de rénovation de ce bâtiment, lorsque élus et visiteurs fréquentent plus rarement ces lieux : hémicycle, bibliothèque bien sûr, et aussi couloirs ou salles de commissions sont ainsi l’objet d'attentions, pour que dès fin août les débats parlementaires puissent reprendre dans les meilleures conditions.
  photo-bibliotheque-AN-visite-Dominique.jpg
Pour ma part, je profite de ce temps estival pour passer un peu de temps à mon bureau sur mes dossiers, et également à la bibliothèque. C’est si rare de pouvoir le faire, tant le rythme imposé au Parlement est soutenu, et le sera à nouveau dans un mois ! Cette bibliothèque est vraiment un lieu magique, même avec cette espèce d'élévateur qui trône durant quelques semaines en son centre contribuant ainsi aux travaux de son entretien.
 
L’architecture de Jules de Joly, les peintures de Eugène Delacroix, et 700 000 ouvrages (dont beaucoup sont rangés en sous-sol) pour la plupart reliés pour les protéger et leur permettre de traverser ainsi les décennies, voire les siècles ! Ce lieu est  magnifique. Et une fois encore je suis intrigué de tous ces ouvrages que j’aimerais avoir le temps de feuilleter !
 
Et c’est avec gentillesse et enthousiasme qu’un administrateur vient tout à coup me proposer de me rapprocher de tous ces ouvrages inaccessibles pour les visiteurs. Et de monter sur la coursive (photo du haut), d’ordinaire réservée aux agents allant chercher les ouvrages, souvent très anciens, disposés avec soin dans ces rayonnages ainsi situés en hauteur.
 
Et voilà, il suffit d’un escalier et de passer une porte dérobée, dissimulée derrière les seuls faux livres de la bibliothèque pour pouvoir ainsi découvrir ce lieu sous un angle inédit. Depuis ce nouvel accès qui chemine tout le long des rayonnages, à quelques mètres au-dessus des lecteurs en bas, je découvre tout à coup pleinement, et de près, les peintures de Delacroix ! Ainsi je (re)découvre « Orphée [qui] vient policer les Grecs encore sauvages et leur enseigne les Arts et la Paix », à un bout de la bibliothèque, et « Attila suivi de ses hordes [qui] foule aux pieds l'Italie et les Arts » à l'autre bout en vis-à-vis, et aussi de nombreux ouvrages retraçant l’histoire de notre pays et de notre démocratie. Moi le féru d’histoire et des institutions, me voilà comblé ! 
 
Et voilà, cette pause studieuse à la bibliothèque ne dure qu’un – trop – court moment. Déjà, il me faut redescendre, avant de rentrer à Wattrelos où d’autres dossiers m’attendent.